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 Sur le climat, «on discute maintenant de ce qui fâche» interview

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FALCON2069

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MessageSujet: Sur le climat, «on discute maintenant de ce qui fâche» interview   Jeu 24 Sep 2009 - 18:58

Sur le climat, «on discute maintenant de ce qui fâche»
interview

Les négociations pour lutter contre le changement climatique sont-elles dans l'impasse? Entre la mollesse des Etats-Unis et les annonces du président chinois, Libération.fr a interrogé Emmanuel Guérin, coordinateur du programme climat à l'Iddri.


Recueilli par SYLVAIN MOUILLARD
Une centrale au charbon, en Chine

Une centrale au charbon, en Chine (REUTERS/Stringer China)


Emmanuel Guérin, coordinateur du programme climat à l'Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales), revient sur la portée du mini-sommet organisé mardi à l'ONU sur le climat. A moins de trois mois du sommet de Copenhague, qui doit déboucher sur un accord post-Kyoto, il estime que les négociations sont «difficiles» mais que des marges de manoeuvre existent.

Quelles étaient les attentes liées au mini-sommet sur le climat organisé hier mardi à l'ONU?

Ce mini-sommet s'inscrivait dans une séquence de négociations. Le Forum des Economies Majeures à Washington a permis de progresser sur la question de la réduction des émissions, notamment sur la vérification des actions des pays en développement. Le prochain G20 de Pittsburgh devrait permettre de progresser sur la question du financement du climat, même s'il n'est toujours pas sûr que ce point figure dans l'agenda, qui sera dominé par les questions de régulation financière. Hier, on attendait que les chefs d'Etat, par leurs déclarations, réinjectent un peu de pression politique dans un processus de négociation assez lent et peu dynamique...

Quelle était la teneur des discours tenus?

Barack Obama s'est montré très prudent. Malgré son engagement personnel sur le changement climatique, il est très contraint par ce qui se passe au Sénat américain. Le projet de loi Waxman-Markey fait l'objet d'un débat très difficile. Son capital politique risque également de sortir diminué de la bataille sur la réforme du système de santé. Par conséquent, il lui est très difficile de construire une dynamique internationale. Le président chinois Hu Jintao s'est montré plus entreprenant. Il n'a pas fait d'annonces chiffrées. Mais il a donné un parfum de ce que pourrait être le 12e plan quinquennal chinois, sans toutefois donner de chiffres pour les objectifs d'efficacité énergétique, de déploiement des énergies renouvelables et de reforestation. Hu Jintao a renforcé l'idée qu'un effort collectif était nécessaire, mais avec des niveaux et des natures d'engagement différents entre pays développés et PED.

Les efforts des pays développés sont-ils à la hauteur des enjeux?

Pas pour l'instant. Les pays développés se sont engagés à réduire de 80% leurs émissions en 2050 par rapport à 1990. Mais tous ne prévoient pas de faire les efforts nécessaires à court terme pour atteindre cet objectif. Dans le cadre du paquet Energie-climat, l'Union européenne s'est engagée unilatéralement à réduire ses émissions de 20% d'ici 2020 par rapport à 1990, et de 30% si un accord «satisfaisant» est trouvé. Mais pour l'instant, le projet de système d'échange et de quotas d'émissions américain ne prévoit que de 17% de réductions d'émissions en 2020 par rapport à 2005, soit 7% par rapport à 1990. Ce n'est pas assez.

Comment dépasser cet obstacle?

L'un des moyens serait de négocier sur deux périodes d'engagements d'un coup. On pourrait discuter d'un objectif à l'horizon 2020, et d'un autre pour 2030. 2030, c'est le bon horizon temporel pour transformer significativement l'économie, et réduire massivement les émissions. A cette date, les efforts des Etats-Unis pourraient être comparables à ceux de l'Europe par rapport à 1990.

Y a-t-il également des marges de manoeuvre avec les pays émergents?

Absolument. Les pays occidentaux, pour convaincre leurs opinions publiques, doivent montrer que les pays émergents prennent des objectifs chiffrés. Les pays émergents, eux, refusent tout objectif de baisse absolue des émissions à court terme, c'est-à-dire avant 2020. Pour satisfaire ces deux exigences, les pays émergents pourraient afficher une trajectoire de réductions des émissions, avec une baisse absolue en 2050, et chiffrer leurs actions de court terme (efficacité énergétique, déploiement des énergies renouvelables par exemple). L'autre levier, c'est le soutien financier technologique aux PED pour faciliter leur transition vers une économie décarbonée.

Pourquoi ces négociations sont-elles si difficiles?

Depuis le sommet de L'Aquila en juillet dernier, on s'est fixé un objectif de limitation de la hausse des températures de 2°C d'ici 2050. Cela a créé une arithmétique implacable du climat et rend la négociation beaucoup plus concrète. En fait, on discute désormais de ce qui fâche et du partage du budget carbone disponible pour rester dans les clous. Il y a donc une négociation sur l'équité de ce partage.

Nicolas Sarkozy a encore évoqué la possibilité d'une taxe carbone européenne. Comment cela est-il perçu par les autres pays?

C'est très mal vu par les pays en développement, qui l'apparentent à du protectionnisme. Les problèmes de compétitivité liés aux politiques climatiques sont minimes. Cela ne concerne qu'un petit nombre de produits, comme le ciment, l'acier ou l'aluminium. Plutôt que de brandir la menace d'une taxe généralisée, qui a tendance à braquer les négociations, il vaudrait mieux entamer des discussions bilatérales par branches sur les produits qui posent problème.
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MessageSujet: Re: Sur le climat, «on discute maintenant de ce qui fâche» interview   Jeu 24 Sep 2009 - 19:01



Difficile de savoir...A méditer...
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